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6 juin 2022

La capitalisation d’expériences en promotion de la santé – Une méthode de production de connaissances expérientielles


La prise de décision et la pratique en prévention et promotion de la santé s’appuient sur une combinaison des connaissances issues de sources multiples. Les données issues de la littérature manquent de lisibilité sur les modalités d’intervention. Ces connaissances, rédigées sous forme d’articles ou de rapports, pour être utilisées et intégrées en pratique, nécessitent des activités d’adaptation et d’appropriation.

De plus, le paradigme prédominant de la recherche clinique fait que les productions fournissent des données insuffisamment mobilisables, car concentrées sur les effets des interventions. Il y a un manque de données probantes sur les solutions : le « comment faire ? ».

La démarche de capitalisation d’expériences en promotion de la santé, en complément de la recherche interventionnelle, est une perspective prometteuse. Encore émergente dans notre secteur, elle valorise les connaissances issues de l’expérience et illustre les formes d’interventions possibles pour résoudre les problèmes de santé des populations.

Depuis 2016, le groupe de travail « CAPS »4 piloté par la Fédération Nationale d’Education et de promotion de la Santé (FNES) et la Société Française de Santé Publique (SFSP), réunit acteurs, chercheurs et décideurs dans la perspective de structurer et valoriser la capitalisation d’expériences en promotion de la santé et d’en partager les productions. Nous souhaitons ici en présenter les bases pour une appropriation dans le champ des acteurs de la promotion de la santé en Belgique.

 

La capitalisation d’expériences en promotion de la santé : de quoi parle-t-on ?

La capitalisation d’expériences, c’est « transformer le savoir en connaissances partageables » . Elle produit des connaissances dont les acteurs pensent qu’elles sont utiles à partager à d’autres. Grâce à un procédé qui s’inspire de méthodes de recherche en sciences sociales, la structuration synthétique du récit du porteur de projet éclaire et illustre une pratique. Elle ne débouche pas sur des recommandations mais tire des enseignements pour comprendre comment se déroulent les interventions et les rend tangibles et accessibles pour d’autres.

Très concrètement, une démarche de capitalisation se divise en cinq grandes étapes :

  1. Le cadrage de la démarche pour préciser les objectifs, l’ampleur, la thématique de la capitalisation. Il conviendra de préciser les canaux de diffusion et d’appel à contributions à la démarche. En fonction du nombre de projets à capitaliser, plusieurs critères permettent de déterminer de la pertinence de choisir parmi les projets. Plusieurs niveaux de capitalisation peuvent être mis en place selon l’importance du projet ou le degré de finesse et de compréhension qu’on souhaite avoir du projet. Cela implique alors d’adapter la méthode de recueil d’informations.
  2. Le recueil d’information est fait par un professionnel qui n’est pas impliqué dans le projet « capitalisé ». Cet accompagnateur va questionner, à partir d’une grille d’entretien, les professionnels qui pilotent le projet : ce sont les contributeurs. L’objectif de la rencontre est d’identifier les « nœuds »6 des projets qui ont amené les acteurs à modifier ou innover dans leurs pratiques. Selon le niveau de capitalisation souhaité, on peut se limiter à interroger une personne qui a mené le projet mais cela peut aussi être complété par un focus groupe avec des partenaires voire les bénéficiaires.
  3. L’analyse des données recueillies : la retranscription des entretiens permet d’aller explorer le récit du contributeur pour décortiquer les informations et l’analyser selon les critères et objectifs de capitalisation. C’est à cette étape que peut être fait le lien avec des connaissances issues d’autres sources comme des modèles théoriques, des résultats d’analyse de transférabilité, etc.
  4. La rédaction et la validation d’une fiche de capitalisation qui correspond à la synthèse des éléments et enseignements à partager. Elles permettent d’avoir une vision d’ensemble du projet tout en illustrant les façons de faire des acteurs.
  5. La diffusion des fiches selon différents canaux qui doivent également être combinés avec des activités d’appropriation pour faciliter l’utilisation des connaissances issues de la fiche de capitalisation.

Pour lire l’article complet, rendez-vous sur le site de Éducation Santé : ici