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25 mars 2018

MOYEN-ORIENT – Sept années de guerre en Syrie : les enfants handicapés menacés d’exclusion


La guerre en Syrie continue de faire rage, et les enfants handicapés risquent chaque jour l’exclusion et l’oubli.

Le conflit syrien s’est poursuivi sans relâche tout au long de 2017, tuant le plus grand nombre d’enfants jamais constaté, soit 50 % de plus qu’en 2016. Au cours des deux premiers mois de 2018, 1 000 enfants auraient été tués ou blessés dans des violences de plus en plus intenses. Ce conflit constitue désormais la principale cause de décès chez les adolescents syriens.

« En situation de conflit, les enfants handicapés sont les plus vulnérables », explique le Directeur régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Geert Cappelaere. « Ils ont souvent besoin d’un traitement et de services spécialisés. En tant qu’enfants, leurs besoins diffèrent de ceux des adultes. Sans possibilité d’accès à ces services, aux écoles ou aux accessoires d’assistance comme les fauteuils roulants, de nombreux enfants handicapés font face au risque très élevé d’être négligés et stigmatisés alors que le conflit se poursuit sans répit ».

L’utilisation d’armes explosives et la multiplication des attaques aveugles dans des zones densément peuplées ont tué un nombre croissant d’enfants, qui représentent désormais le quart des victimes civiles. Plus de 360 enfants ont été blessés en 2017, et beaucoup en sont sortis handicapés. Mais ce ne sont là que les données qui ont pu être vérifiées par les Nations Unies, les chiffres réels sont probablement plus élevés.

La destruction généralisée et les attaques envers des infrastructures médicales et éducatives ont anéanti les systèmes de santé et d’éducation du pays. En 2017, les Nations Unies ont recensé 175 attaques contre des structures médicales et éducatives et du personnel. Ce sont les enfants handicapés qui en ont le plus souffert car ils ont été privés de tout accès à des soins spécialisés et à des établissements scolaires adaptés à leurs besoins.

« À mesure que les opérations chirurgicales progressent pour les enfants handicapés ou défigurés par la guerre, on voit qu’ils retrouvent confiance en eux, comme s’ils faisaient enfin partie intégrante de ce monde », déclare le docteur Ghassan Abu Sitti, spécialiste en chirurgie plastique et reconstructive au Centre médical de l’Université américaine de Beyrouth.

La crise en Syrie est sans égal dans sa complexité, sa brutalité et sa durée et ne pourra pas être résolue sans changer de façon de faire. Au nom des enfants handicapés et de tous les enfants touchés par le conflit syrien, l’UNICEF demande aux belligérants, à ceux qui les influencent et à la communauté internationale la mise en œuvre des actions suivantes en faveur des enfants, en Syrie et dans les pays d’accueil :

  • Investir à l’appui d’un soutien vital et mettre en place des services de réadaptation à long terme, de soins et de soutien psychosocial et psychologique pour les enfants ;
  • Améliorer l’accès aux services élémentaires comme la santé, la nutrition, l’éducation, la protection de l’enfance et l’approvisionnement en eau ;
  • Concevoir des programmes pour et avec la participation des enfants handicapés. Affecter les ressources nécessaires pour rendre les services publics réellement inclusifs ;
  • Augmenter l’aide financière donnée aux familles des enfants handicapés afin de faciliter l’accès aux équipements d’assistance comme les fauteuils roulants, les cannes et les prothèses ;
  • Travailler avec les communautés pour mieux inclure les enfants handicapés afin de lutter contre la stigmatisation ;
  • Fournir un financement flexible, illimité et pluriannuel pour répondre aux besoins des enfants, y compris des enfants handicapés et de leur famille, afin d’améliorer leur accès à des services spécialisés. Pour soutenir les enfants touchés par la guerre en Syrie et dans les pays voisins, l’UNICEF a besoin de 1,3 milliard de dollars pour ses programmes en 2018 ;
  • Soutenir les efforts de reconstruction et de redressement en accordant la priorité aux besoins des enfants, y compris des enfants handicapés. Au-delà des briques et des pierres, et pour obtenir le rétablissement de la paix, il faut restaurer le tissu social et ramener une culture de tolérance et de diversité pour rassembler les communautés ;
  • Mettre un terme aux violations graves commises à l’encontre des enfants : tueries, mutilations, recrutements pour le combat, attaques dans les écoles et les hôpitaux ;
  • Mettre définitivement fin à cette guerre en proposant une solution politique et lever toutes les restrictions à la distribution de l’aide humanitaire.

Source : Vigie du SIDIIEF