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13 mai 2019

INTERNATIONAL – Sédentarité et démence : le lien serait indirect


L’activité physique est encouragée comme une stratégie simple, facile à mettre en place et peu coûteuse pour réduire le risque de diabète, de pathologie coronaire et d’accident vasculaire cérébral. En revanche, son efficacité pour réduire le risque de démence est moins évidente. Les essais randomisés contrôlés ne trouvent le plus souvent pas de lien entre l’activité physique et le risque de démence. Les études observationnelles retrouvent bien ce lien, mais pourraient le surestimer, du fait d’un suivi trop court et de la présence de biais dliés à la réduction de l’activité physique au cours de la phase préclinique de la démence.

Le British Medical Journal publie les résultats d’une méta-analyse de 19 études prospectives de cohortes, incluant plus de 400 000 personnes, de 45,5 ans d’âge moyen à leur entrée dans les études. La prévalence de la sédentarité est de 40,5 % et la durée moyenne de suivi de 15 ans (allant de 9 ans à 21,6 ans).

Quand on mesure l’activité physique pendant les 10 années précédant le diagnostic de démence (ce qui correspond au stade préclinique de démence), la sédentarité est associée à une augmentation de l’incidence des démences toutes causes confondues (hazard ratio [HR] = 1,40 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 1,23 à 1,71) et des maladies d’Alzheimer (HR = 1,36, IC95 de 1,12 à 1,65). Mais si l’on relève l’activité physique 10 ans ou plus avant le diagnostic de démence (ce qui réduit le risque de biais de causalité entre phase préclinique de démence et inactivité), il n’apparaît pas d’association entre la sédentarité et la survenue d’une démence ou de maladie d’Alzheimer. En revanche, si l’on considère l’ensemble du suivi, la sédentarité est bien associée à une augmentation du risque de diabète (HR = 1,42 ; IC95 de 1,25 à 1,61), de pathologie coronaire (HR = 1,24 ; IC95 de 1,13 à 1,36) et d’accident vasculaire cérébral (HR = 1,16 ; IC95 de 1,05 à 1,27). Enfin, quand une pathologie cardio-métabolique précède la démence, la sédentarité est associée de façon non significative à la démence (HR = 1,30 ; IC95 de 0,79 à 2,14).

Ces données suggèrent donc plutôt l’existence d’une trajectoire de risque, allant de la sédentarité à une pathologie cardio-métabolique et ensuite à la démence. Si cette association n’est pas estimée de façon précise, la sédentarité ne doit pas constituer, pour les auteurs, une cible unique pour la prévention des risques de démence.

Kivimäki M et coll. : Physical inactivity, cardiometabolic disease, and risk of dementia: an individual-participant meta-analysis. BMJ 2019 ; 365 : l1495.

Auteur(s) : Dr Roseline Péluchon

Source : Journal international de médecine - La lettre quotidienne médecin