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21 décembre 2018

INTERNATIONAL – Les avantages pour la santé l’emportent largement sur les coûts pour atteindre les objectifs en matière de changement climatique


5 décembre 2018 – Communiqué de presse – Katowice (Pologne)

Dans le cadre de la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris, la réduction de la pollution de l’air permettrait, à elle seule, de sauver environ 1 million de vies par an dans le monde d’ici à 2050. Les dernières estimations d’experts de premier plan indiquent aussi que la valeur des progrès obtenus pour la santé grâce à l’action sur le climat équivaudrait au double du coût des politiques d’atténuation au niveau mondial et que le rapport coût/bénéfice est encore plus grand dans des pays comme la Chine et l’Inde.

Un rapport de l’OMS présenté à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP24) à Katowice (Pologne) met en évidence les raisons pour lesquelles les considérations sanitaires sont cruciales pour faire progresser l’action sur le climat et décrit les principales recommandations à l’intention des décideurs politiques.

L’exposition à la pollution de l’air provoque chaque année 7 millions de décès dans le monde et coûte selon les estimations US $5110 milliards de pertes en matière de bien-être. Dans les 15 pays émettant les plus grandes quantités de gaz à effet de serre, on estime que les conséquences de la pollution de l’air sur la santé représentent plus de 4% de leur PIB. Les mesures pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris nécessiteraient d’y consacrer environ 1% du PIB mondial.

«Potentiellement, l’Accord de Paris est le plus grand accord du siècle sur la santé», a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. «Les faits montrent clairement que les changements climatiques ont déjà un impact sérieux sur la vie et la santé humaines. Ils remettent en question les bases fondamentales dont nous avons tous besoin pour être en bonne santé – un air pur, de l’eau potable, une alimentation nutritive et des logements sûrs – et compromettrons des décennies de progrès de la santé mondiale. Nous ne pouvons plus nous permettre de différer encore l’action.»

Les activités humaines qui déstabilisent le climat de la Terre sont aussi celles qui entraînent directement la mauvaise santé. La combustion des énergies fossiles est le principal facteur alimentant les changements climatiques et elle est aussi un facteur majeur de la pollution de l’air.

(…)

Le rapport demande à tous les pays de prendre en compte la santé dans toutes les analyses du rapport coût/avantages de l’atténuation des changements climatiques. Il recommande aussi aux pays d’utiliser des mesures fiscales d’incitation, telles que le prix du carbone et les subventions de l’énergie, pour inciter les secteurs à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques. Il encourage aussi les Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à lever les obstacles empêchant de soutenir la résilience des systèmes de santé aux changements climatiques.

(…)

Recommandations: 

Les Parties à la CCNUCC pourraient progresser vers les objectifs en matière de climat, de santé et de développement en:

  • Identifiant et promouvant les mesures réduisant les émissions de gaz carbonique et la pollution de l’air, ainsi qu’en incluant, dans leurs contributions déterminées au niveau national, des engagements spécifiques pour réduire les émissions des polluants climatiques à courte durée de vie.
  • Veillant à ce que les engagements pour évaluer et préserver la santé au titre de la CCNUCC et de l’Accord de Paris se retrouvent dans les mécanismes opérationnels aux niveaux national et mondial.
  • Levant les obstacles aux investissements dans l’adaptation de la santé aux changements climatiques, en mettant l’accent sur la résilience des systèmes de santé au climat et sur des établissements de santé capables de faire face aux aléas climatiques.
  • S’engageant avec la communauté de la santé, la société civile et les professionnels de santé pour les aider à se mobiliser collectivement en vue de promouvoir l’action pour le climat et les avantages corollaires pour la santé.
  • Promouvant le rôle des villes et des autorités infranationales dans l’action pour le climat bénéfique aussi pour la santé, dans le cadre de la CCNUCC.
  • Suivant formellement et en déclarant les progrès sanitaires résultants des actions pour le climat aux processus de gouvernance du climat et de la santé et pour les objectifs de développement durable des Nations Unies.
  • Incluant les conséquences sanitaires des mesures d’atténuation et de d’adaptation dans les politiques économiques et fiscales.

(Le rapport complet est en anglais seulement)

Source : Bulletin Politiques publiques et santé