Close

13 janvier 2018

HAÏTI – Les maladies mentales classées deuxième problème de santé publique en Haïti


Situation critique, ressources humaines et financières limitées, infrastructures inexistantes, le tableau de la santé mentale ne peut être plus désolant dans un pays où la population atteinte de maladies mentales ne cesse de grossir. Le Dr Hans Lamarre, professeur à l’Université de Montréal, a accordé une interview au journal au cours de laquelle il explique que la mise en route pour le changement ne devrait plus tarder. Pour lui, il n’y a pas débat, la santé n’a jamais fait l’objet d’une volonté politique.

« La santé mentale est un problème majeur en Haïti, et il faut le dire plusieurs fois. Quelles sont les réponses vis-à-vis de ce défi ? Elles sont quasiment inexistantes », a d’entrée de jeu expliqué celui qui vient en Haïti pour renforcer le système sanitaire haïtien.

Le psychiatre de formation précise que la situation d’Haïti est particulière. La population haïtienne est confrontée à la fois à un stress chronique, prenant corps dans la faible accessibilité aux besoins de base des individus, qui est de nature économique, politique et sociale et à des stress plus aigus provoqués par les catastrophes naturelles.

Hans Lamarre rappelle que la psychiatrie, cette branche de la médecine, n’exige pas de grands moyens. Les outils sont là. Il s’agit d’une volonté politique. Il revient aux autorités de prendre conscience et de regarder en face les enjeux que pose la santé mentale et de mettre en place les structures.

Le Dr Hans Lamarre plaide en faveur de la réhabilitation de l’institut Mars and Kline, l’un des centres neurologiques prenant en charge les maladies mentales. Pour qu’il puisse remplir sa double mission, prise en charge et formation des résidents, il croit que le centre hospitalier doit intégrer la structure de l’Hôpital de l’université d’État d’Haïti (HUEH).

Par ailleurs, le Dr Hans Lamarre estime que la santé n’a jamais fait l’objet d’un enjeu politique en Haïti. Elle ne figure pas non plus parmi les priorités de l’Etat. « La budgétisation de la santé dans un pays montre clairement la place qu’occupe ce secteur dans l’ordre des priorités des gouvernements», a-t-il dit.

Si seulement 4, 3% du budget national est alloué à la santé en Haïti, 85 % est dédié aux salaires. Ce qui laisse très peu de fonds pour l’achat des médicaments, l’entretien des infrastructures ou la création de nouveaux services.

Lire l’article original

Auteur(s) : Edrid St Juste

Source : Vigie du SIDIIEF