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3 juin 2019

Grandir à l’ère du numérique


Le nouveau rapport « Grandir à l’ère du numérique » de la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse (CFEJ), se focalise sur les compétences dont les enfants et les jeunes ont besoin pour grandir, se former, travailler et participer à un monde numérisé. Une analyse inédite des compétences recherchées par le monde du travail met en relief l’importance de la capacité à résoudre des problèmes et à communiquer, de la créativité ou encore de l’empathie. Pour acquérir ces aptitudes, l’école joue un rôle important, mais ne peut pas tout. Il convient d’exploiter le potentiel des activités extrascolaires et de l’encouragement précoce ainsi que d’impliquer les enfants et les jeunes dans le débat sur la numérisation. Les recommandations de la CFEJ donnent des pistes pour mieux tenir compte de leurs besoins et perspectives.

A l’heure ou la question de l’accessibilité aux techniques de l’information et aux outils de communication numérique chez les jeunes, à l’heure des débats aussi pertinents que : « Faut-il supprimer les téléphone portable à l’école ? », La CFEJ pose un regard croisé d’experts et de praticiens sur la question. Comme pour ses précédents rapports, la CFEJ dépasse les clichés, les idées toutes faites et positionne, c’est son rôle, l’enfant et le jeune au centre du débat. Le rapport s’articule autour de trois messages centraux. Le premier consiste à rappeler que nous avons à avancer ensemble avec les enfants et les jeunes, mais en aucun cas à leur place. Le second affirme, en dehors du fait de valoriser l’apprentissage du code et autres, que les compétences sociales, personnelles et créatives sont aussi importantes voire plus que les compétences techniques. Le troisième instaure un objectif clair pour la numérisation. Celle-ci doit favoriser l’égalité des chances et ne pas renforcer les fractures et les frontières, qu’elles soient de genre, socioéconomiques ou socioculturelles.

Aborder le débat de la numérisation avec les jeunes et les enfants

Que doit-on apprendre pour avoir toutes ses chances dans le monde du travail de demain ? Quel métier choisir ? Quel est le rôle de l’école et le potentiel des activités extrascolaires ? Comment bien gérer la connexion permanente ? Pour répondre à ces questions, le rapport « Grandir à l’ère du numérique » réunit des analyses d’expert-e-s du monde économique, de la formation, de l’encouragement précoce et des activités extrascolaires. Il présente aussi différents projets du terrain qui donnent la parole aux enfants et aux jeunes et qui montrent comment aborder les défis de la numérisation avec eux. Car le débat sur la numérisation ne peut pas se faire sans eux. Les enfants et les jeunes doivent avoir leur mot à dire et contribuer à façonner le monde numérique

Des outils pour que la numérisation soit favorable à la nouvelle génération

Les enfants et les jeunes doivent disposer d’outils et de connaissances pour appréhender la numérisation. Cela va de vrai débats sur les smartphones à l’école à la stratégie « Suisse numérique » en passant par les règles relatives au temps consacré aux écrans à la maison et à la prévention de l’addiction ou du cyber-harcèlement. Avec ses recommandations, la CFEJ s’engage ainsi pour que la numérisation soit favorable aux enfants et aux jeunes.

Valoriser la résolution de problèmes, l’empathie et la créativité

Une analyse inédite des compétences recherchées par le monde du travail met en relief l’importance de la capacité à résoudre des problèmes et à communiquer, de la créativité ou encore de l’empathie. Pour acquérir ces aptitudes, l’école joue un rôle important, mais ne peut pas tout. Il convient d’exploiter le potentiel des activités extrascolaires et de l’encouragement précoce. Les recommandations de la CFEJ donnent des pistes pour mieux tenir compte de leurs besoins et perspectives.

Sur mandat de la CFEJ, Sarah Genner, chercheuse en psychologie des médias et experte en numérisation du monde du travail, a analysé et pondéré 26 modèles et listes des compétences ou forces de caractère recherchées au 21e siècle. Les résultats sont présentés dans un modèle qui visualise les compétences les plus fréquemment citées : la communication, la créativité, l’autogestion, la capacité à résoudre des problèmes, l’empathie ou encore la pensée analytique y figurent en bonne place. Un tableau offre une vue d’ensemble systématisée des compétences et valeurs recherchées. Sarah Genner constate que « Les travailleurs devront pouvoir faire ce dont les machines sont incapables, donc ce qui ne peut pas être numérisé : tout ce qui touche à la créativité, à la résolution de problèmes et aux compétences sociales ».

L’école joue un rôle de premier ordre, mais les activités extrascolaires doivent être mieux reconnues

La place plus importante accordée aux technologies de l’information et de la communication dans les plans d’étude est à saluer, mais l’école est face à l’enjeu d’instaurer une culture du numérique permettant d’utiliser les outils numériques de manière transversale. Ceci implique la formation et le perfectionnement du corps enseignant tout comme une infrastructure moderne préservant la santé et garantissant la protection des données.

Caractérisées par la libre adhésion et la participation, les activités de jeunesse extrascolaires (animation socioculturelle, associations, espaces de quartier, etc.) offrent un cadre propice au développement de compétences sociales, personnelles et médiatiques. Il est temps de reconnaître et de mieux exploiter ce potentiel en favorisant la formation et en octroyant à ces acteurs, les ressources nécessaires.

Conclure en accordant une réelle place aux enfants et aux jeunes.

Pour conclure, on peut se rendre compte lors des contacts avec les enfants et les jeunes qu’ils sont très conscients à la fois des opportunités et des défis du monde numérique, et qu’ils souhaitent être pleinement intégrés dans les débats et les décisions à ce sujet.

Aujourd’hui, le débat sur le numérique au sein des instances fédérales se focalise principalement sur les aspects technologiques et économiques, et marginalement sur les aspects liés à la formation ou aux enjeux de société (éthique, transparence, démocratisation du numérique, etc.). Les aspects spécifiques pour les enfants et les jeunes sont très peu présents, voire inexistants. Aussi bien sous l’angle de leur épanouissement que de leur place future dans la société, accorder une réelle priorité aux enfants et aux jeunes ne doit pas simplement rester à un vœu pieux, c’est donc à la fois totalement légitime et incontournable.

Auteur(s) : CFEJ