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5 octobre 2019

FRANCE – Rapport d’information sur l’enquête de la Cour des comptes sur la politique de prévention et de prise en charge du VIH


Cette enquête vient actualiser les constats, analyses et recommandations formulés par la Cour des comptes dans une communication de 2009. Dix ans plus tard, la dynamique de l’épidémie n’a toujours pas fléchi en France : Santé publique France recense 6 424 nouvelles découvertes de séropositivité en 20172, soit un taux de nouvelles découvertes de 7,8 pour 100 000 habitants, supérieur de 2,3 points à la moyenne de l’Union européenne et même de 3,6 points au taux enregistré en Allemagne. Dans un contexte de relâchement de la prévention chez les jeunes, chez lesquels le recours au préservatif semble de moins en moins systématique alors qu’ils sont parmi les plus exposés aux infections sexuellement transmissibles (IST), cette enquête s’imposait.

Ses résultats ont été présentés à la commission le 3 juillet 2019 par M. Denis Morin, président de la 6e chambre de la Cour des comptes. Les travaux de la Cour mettent en lumière les limites de la politique actuelle de prévention qui, en l’état, ne permettra pas à la France d’atteindre les objectifs ambitieux qu’elle s’est fixés dans le cadre de la stratégie nationale de santé sexuelle afin d’en finir avec l’épidémie du sida d’ici 20303, à savoir réaliser la « cascade » suivante dès 2020 : 95 % des personnes séropositives doivent connaître leur statut, parmi lesquelles 95 % doivent être prises en charge et sous traitement, parmi lesquelles 95 % doivent avoir une charge virale indétectable et être donc non contaminantes.

En définitive, l’objectif est donc de parvenir, en France en 2020, à une suppression de la charge virale chez au moins 86 %1 de l’ensemble des personnes vivant avec le VIH. Or, selon les données de l’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), les résultats de la « cascade » n’ont abouti, en 2016, qu’à une proportion de 73 % de personnes vivant avec le VIH et présentant une charge virale indétectable.

Auteur(s) : Corinne Imbert, sénatrice

Source : Flash email SFSP