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7 juin 2018

FRANCE – Pour réduire la pauvreté, la croissance ne suffit pas


Dans une période de grogne collective, la voix de ceux qui en ont une couvre un peu trop la détresse des inorganisés, des exclus, des méprisés, des oubliés que sont les personnes en situation de pauvreté. « Pas grave  », diront certains : « la croissance est de retour, donc les créations d’emplois, donc moins de pauvreté ». Quand la marée monte, tous les bateaux montent avec elle, les barques comme les yachts, disent les économistes qui croient aux bienfaits de la croissance.

Pourtant ils se trompent, surtout lorsque rien n’est fait pour contrecarrer ou réduire les inégalités issues du fonctionnement du marché.

Dans notre système économique, en effet, lorsque la croissance est au rendez-vous, les mieux placés pour bénéficier de ses fruits sont ceux dont les compétences sont recherchées par les entreprises en croissance, et ceux qui disposent d’un patrimoine (mobilier ou immobilier) dont les revenus (loyers et dividendes) augmentent avec l’activité. Les moins bien placés, en revanche, ne recueillent que les miettes du festin. Ainsi, entre 1996 et 2015, le niveau de vie moyen du dixième le moins favorisé a progressé de 16 %, celui du dixième le plus favorisé de 28 % : + 100 € par mois pour ceux-là, + 1000 € par mois pour ceux-ci.

Pour que l’amélioration du niveau de vie engendre une réduction de la pauvreté, il faut que cette amélioration bénéficie davantage au bas de l’échelle qu’à ceux qui sont dans le haut.

En d’autres termes, pour réduire la pauvreté, ce n’est pas tant la croissance qui compte, que les politiques publiques permettant aux moins favorisés d’améliorer leur sort. Les plus efficaces ne sont pas forcément celles recourant à des aides monétaires.

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Auteur(s) : Denis Clerc, économiste, fondateur d’Alternatives économiques

Source : Observatoire des inégalités