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3 mars 2019

CANADA – L’achat d’aliments ultra-transformés en supermarchés et magasins à grande surface au Québec


Au cours des dernières décennies, le recours aux aliments produits en industrie a augmenté au détriment des aliments frais. Certains de ces aliments industriels, nommés aliments ultratransformés, sont typiquement riches en sucres, sodium ou gras saturés. Une consommation élevée d’aliments ultra-transformés est associée à une alimentation de moindre qualité nutritionnelle.

Ce rapport analyse les volumes d’achats et le prix des aliments en supermarchés et magasins à grande surface entre 2012 et 2016, selon le niveau de transformation alimentaire. Il permet notamment d’estimer l’importance qu’occupent les aliments ultra-transformés dans l’alimentation des Québécois et de repérer lesquels sont les plus prédominants.

Principaux constats sur les volumes d’achats (en kg) en 2015-16 :

  • Parmi les dix catégories d’aliments les plus achetées, tous niveaux de transformation confondus, la moitié d’entre eux sont des aliments ultra-transformés : les boissons sucrées, les jus de fruits purs, les pains, les mets prêts-à-manger et les yogourts aromatisés. Les aliments ultratransformés occupent le tiers du volume total des achats alimentaires, et ce, malgré une certaine baisse de leur achat entre 2012-13 et 2015-16.
  • Les boissons sucrées et les jus de fruits purs sont les deux catégories d’aliments ultratransformés les plus achetées, bien que leurs volumes d’achats ont diminué chaque année de 2012-13 à 2015-16. Or, la consommation de boissons sucrées est néfaste pour la santé à plusieurs égards. C’est pourquoi il importe d’intensifier les mesures visant à dénormaliser leur consommation et à réduire leur présence dans l’environnement alimentaire. Quant aux jus de fruits, bien qu’ils soient plus nutritifs que les boissons sucrées, ils sont naturellement riches en sucres et leur consommation devrait également être limitée.
  • Les pains, qui constituent la 3e catégorie d’aliments ultra-transformés la plus achetée, sont souvent composés de farine raffinée et possèdent des teneurs significatives en sodium. Puisque le pain fait partie de l’alimentation de base des Québécois et que les pains commerciaux répondent à un besoin pratique, ces derniers devraient être priorisés par les mesures de reformulation des aliments, afin d’en réduire la teneur en sodium et d’augmenter leur teneur en fibres issue de grains entiers.
  • La qualité nutritive des mets prêts-à-manger (p. ex. : pizza, pâtés, soupes, repas congelés et en conserve) aurait également avantage à être améliorée, puisque plusieurs Québécois y ont recours : ils occupent la 4e place des aliments ultra-transformés les plus achetés. Les consommateurs pourraient bénéficier de mets prêts-à-manger reformulés plus nutritifs et plus faibles en sodium et en gras saturés. Puisque la consommation de mets faits maison demeure à privilégier, la mise en place de mesures visant l’acquisition de compétences culinaires, permettrait également de réduire le recours aux mets prêts-à-manger.
  • Les yogourts aromatisés se classent au 5e rang des achats d’aliments ultra-transformés et sont dix fois plus achetés que les yogourts nature. Les yogourts aromatisés, qui sont généralement riches en sucres ajoutés, mériteraient donc une attention particulière dans le cadre des mesures visant l’amélioration de la qualité nutritionnelle des aliments au Québec.

Ainsi, les aliments ultra-transformés occupent une place importante dans le panier d’épicerie collectif des Québécois. Sachant que ces aliments sont des sources importantes de sucres, de sodium et de gras saturés, tous des nutriments qui contribuent au développement de maladies chroniques, ils mériteraient d’être priorisés par les mesures et les politiques publiques visant à améliorer la qualité de l’offre alimentaire au Québec. D’autres actions complémentaires agissant sur divers déterminants de la saine alimentation sont également nécessaires pour améliorer la qualité de l’alimentation des Québécois, tels qu’un meilleur accès physique et économique aux aliments sains, ainsi que des normes sociales plus favorables à la consommation d’aliments moins transformés.

Auteur(s) : Laurie Plamondon, Gabrielle Durette, Marie-Claude Paquette

Source : Les Résonances de l'Institut