Close

23 mai 2020

CANADA – Création d’environnements favorables à la santé et à la qualité de vie en milieux municipaux : analyse des pratiques et facteurs de succès


Depuis plusieurs années au Québec, de nombreuses municipalités collaborent avec des partenaires nationaux, régionaux et locaux pour créer des environnements favorables à la santé et à la qualité de vie. Dans le cadre de la stratégie d’évaluation de la démarche Prendre soin de notre monde, trois études de cas ont été réalisées. L’analyse intégrée de ces études permet de faire ressortir des constats sur les pratiques et les conditions qui favorisent les collaborations réussies et leurs retombées positives :

  • La force des actions collectives vient tout d’abord du fait qu’elles apportent des solutions à des besoins exprimés localement ou à l’échelle de la municipalité régionale de comté (MRC).
  • Inspirées de bonnes pratiques déjà expérimentées, ces solutions sont élaborées avec le souci de partir des réalités du territoire, notamment géographiques, économiques et socioculturelles, puis déployées avec un souci de s’adapter aux spécificités locales, aux réactions suscitées et aux capacités variables d’un milieu à l’autre.
  • Leur force vient aussi de la diversité des acteurs et leur façon positive de collaborer autour d’un but commun, non imposé, qui transcende leurs intérêts spécifiques. L’appui formel des élus municipaux est un point de départ, mais l’apport de gestionnaires, professionnels et employés municipaux est tout aussi crucial. Les citoyens y ont une place, par exemple dans l’élaboration des politiques familles et aînés, mais surtout dans le passage à l’action. Quant à la collaboration de partenaires régionaux et locaux, elle est indispensable. Les intervenants de santé ou acteurs de santé publique y participent toujours, mais selon une intensité variable. Attentifs aux besoins exprimés plutôt qu’à partir d’une approche strictement formelle ou normative, ces partenaires collaborent et partagent des responsabilités en apportant leur expertise, des ressources, du temps ou une légitimité du fait de leur participation.
  • L’apport de chacun est encouragé par des processus participatifs relativement souples et inclusifs permettant de s’interpeler selon les champs d’expertise et facilitant la communication des besoins et préoccupations. La qualité des liens interpersonnels et interorganisationnels ressort toujours dans l’appréciation des collaborations. Le poids des cultures organisationnelles et des structures fait qu’il est difficile de voir si les expériences positives de collaboration auront toutes une influence durable au-delà des projets ou des individus impliqués.

Cinq éléments essentiels au succès de la collaboration ressortent de notre analyse :

  • Les principaux porteurs doivent réussir à susciter l’intérêt à collaborer autour d’une vision partagée, un but commun. En matière d’environnements municipaux favorables à la santé et à la qualité de vie, le point de vue d’un seul secteur ou d’une seule organisation est insuffisant.
  • Les actions doivent reposer sur un leadership fort de la part d’acteurs légitimes à tous les niveaux d’actions. Ils devraient se retrouver au sein de l’administration municipale et parmi les partenaires locaux et régionaux, tant au niveau stratégique que sur le terrain.
  • Des mécanismes de collaboration et de coordination efficaces sont nécessaires pour aider à développer une vision commune, apprendre les uns des autres et se coordonner pour optimiser les actions et les ressources. Au-delà des mécanismes administratifs et politiques habituels du milieu municipal, des processus participatifs parallèles, souples et inclusifs, font une différence.
  • Nécessaire, le suivi autour de l’action collective doit s’adapter aux responsabilités partagées ou diffuses (informelles, évolutives, etc.) des divers partenaires impliqués. Tous sont d’abord liés à des obligations et une reddition de compte dans leur propre secteur d’activité.
  • Comme certains acteurs doivent revoir ou adapter leur façon de travailler, par exemple en santé publique, il y a lieu de porter attention aux changements que cela implique et de valoriser les apprentissages réalisés. D’une part, cela peut se faire en reconnaissant l’engagement des individus concernés et en les soutenant dans l’évolution de leur pratique. D’autre part, cela peut se faire en contribuant au rayonnement du travail collectif et des réussites collectives.

Auteur(s) : Marc Lemire

Source : Les Résonances de l'Institut