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12 mai 2019

ANGLETERRE – Moins de sucre dans la jelly ? A bitter pill !


En mars 2017, le gouvernement du Royaume-Uni rendait public son plan de lutte contre l’obésité de l’enfant. Celui-ci visait en premier lieu à réduire la consommation de sucre, en impliquant dans le projet les industriels de l’alimentation. Il leur était demandé de réduire de 20 %, d’ici 2020, la quantité de sucre dans certains aliments. Cela touchait les boissons sucrées, les céréales, les confiseries et les aliments souvent inclus dans le petit-déjeuner des enfants (gaufres, crêpes, etc.). Les sucres concernés sont les « sucres libres », c’est-à-dire tous les sucres ajoutés et ceux naturellement présents dans les jus de fruits, sirops et miel, en excluant les sucres présents naturellement dans les fruits frais, les légumes ou les produits laitiers.

Trois options étaient proposées pour réduire le sucre dans ces aliments : la reformulation des produits pour qu’ils contiennent moins de sucre, la réduction de la taille des portions et  enfin un rééquilibrage de la pondération des ventes, en substituant les ventes de produits à forte teneur en sucre par celles de produits en contenant moins. En réduisant la consommation de sucres des enfants, les autorités sanitaires espéraient aussi réduire celle des adultes.

Une première modélisation encourageante

S’il est encore trop tôt pour évaluer les effets sanitaires d’une telle mesure, il est possible en revanche de se faire une idée de son éventuelle efficacité. Une équipe a en effet procédé à une simulation. Au total 1 508 personnes ont accepté de participer à l’enquête. Les mesures principales étaient les changements dans la consommation de calories, dans le poids et dans l’indice de masse corporelle, chez des enfants et adultes, âgés de 4 à 80 ans.

Selon cette estimation, l’action pour la réduction des sucres pourrait réduire de 5,5 % l’obésité des 4-10 ans, de 2,2% celle des 11-18 ans et de 5,5 % celle des 19-80 ans. Mais pour cela, les objectifs du programme devraient être entièrement remplis et les habitudes alimentaires rester identiques à ce qu’elles sont actuellement. Le programme permettrait aussi une réduction des pathologies en lien avec l’obésité des adultes, avec l’impact le plus important sur le diabète de type 2 (155 000 cas en moins en 10 ans, soit une réduction annuelle d’environ 7 %) et une économie de 332,5 millions d’euros de dépenses de santé en relation avec le diabète.

Mais les premiers objectifs ne sont pas atteints

Les auteurs notent toutefois que les premières observations semblent suggérer que l’industrie alimentaire n’a pas atteint l’objectif qui lui avait été fixé pour la première année du programme, tant pour la réduction des sucres contenus dans les produits que dans la taille des portions. Quant au comportement des consommateurs, il est lui aussi difficile à anticiper. Rien n’indique en effet que, si les portions sont plus petites, les consommateurs n’en prendront pas en plus grand nombre…

Amies-Cull B. et coll. : Estimating the potential impact of the UK government’s sugar reduction programme on child and adult health: modelling study. BMJ 2019;365:l1417

Auteur(s) : Dr Roseline Péluchon

Source : Journal international de médecine - La lettre quotidienne médecin